Rubans & galons

Coudre un ruban à plat : sur un vêtement, un sac, un chapeau ou un rideau

Rubans & galons · · Publié le 2026-10-29

Quatre rubans gros-grain de couleurs différentes posés côte à côte, avec leurs fines côtes transversales
Rubans gros-grain : on voit nettement les côtes formées par la trame. Photo Loggie-log, domaine public, via Wikimedia Commons.

Un ruban cousu en bordure d'une jupe, en travers d'un sac en toile, autour d'un chapeau ou en tête d'un rideau change tout un ouvrage. Le geste paraît simple : deux lignes de piqûre le long des lisières. En pratique, le ruban glisse, ondule, se tord ou fronce le tissu de fond. Ces défauts ont presque toujours les mêmes causes, et quelques précautions suffisent à les éviter.

Avant de couper : tester le ruban

Un ruban posé sur un vêtement sera lavé avec lui. Or rubans et tissus ne réagissent pas toujours de la même façon : un ruban de coton ou de viscose peut rétrécir alors que la toile de polyester ne bouge pas, et une piqûre qui était plate devient froncée après le premier lavage. Si le ruban est destiné à un ouvrage lavable, on en trempe une chute de quelques centimètres dans l'eau tiède, on la laisse sécher et on la mesure. On vérifie au passage que la couleur ne dégorge pas sur un chiffon blanc. Un ruban qui rétrécit se lave et se repasse avant d'être cousu, comme le tissu.

La composition indiquée sur la bobine guide aussi le repassage : un satin de polyester supporte un fer modéré, un velours craint la pression, un ruban de soie se repasse doux et sans vapeur directe. Les symboles d'entretien du vêtement fini doivent tenir compte de la matière la plus fragile, ruban compris ; les pictogrammes normalisés sont expliqués par le GINETEX, l'association internationale qui les gère. Pour reconnaître les familles de rubans et leur comportement, voyez notre guide Satin, gros-grain, organza, velours.

Préparer le tissu et tracer la ligne

Le ruban se pose de préférence sur une pièce encore à plat, avant l'assemblage : une bande décorative sur le bas d'une jupe se coud avant de fermer la couture de côté, ce qui permet de cacher les extrémités dans la couture. On trace la ligne de pose à la craie ou au feutre effaçable, ou on se guide sur le bord du tissu avec le guide de couture de la machine.

Sur un tissu fin ou souple (voile, popeline légère, jersey), un entoilage léger ou une bande de papier de soie glissée dessous évite que la piqûre ne fronce le fond. Sur un jersey, mieux vaut éviter les zones qui doivent s'étirer : un ruban tissé, lui, ne s'étire pas, et casserait l'élasticité d'une encolure ou d'un poignet.

Maintenir sans faire onduler

Les épingles posées perpendiculairement au ruban, tous les cinq à huit centimètres, suffisent pour un gros-grain ou un ruban de coton. Elles marquent un satin ou un velours : on les pique alors uniquement dans la largeur que la couture va traverser, ou on les remplace par des pinces à tissu. Le bâti à grands points, à la main, reste la méthode la plus sûre pour un ruban glissant ou une longue bande. Un adhésif textile double face en bande fine, vendu en mercerie, maintient aussi bien ; il faut vérifier qu'il ne gomme pas l'aiguille et qu'il disparaît au lavage si l'ouvrage est lavable.

La cause principale d'un ruban qui ondule est une tension inégale : on tire sur le ruban ou sur le tissu pendant la pose. On les pose à plat sur la table, sans étirer ni l'un ni l'autre, et on épingle depuis le centre vers les extrémités.

Aiguille, fil et point

Aiguille
Une aiguille fine et pointue (de type microtex, taille 70 ou 80) pour le satin, le taffetas et les rubans serrés ; une aiguille universelle de taille 80 pour le gros-grain et le coton ; une aiguille plus forte pour un ruban épais sur une toile.
Fil
De la couleur du ruban, pas du tissu de fond, pour que la piqûre se fonde dans la lisière. En canette, on peut garder la couleur du tissu.
Point
Un point droit un peu allongé, autour de 3 mm, qui marque moins le ruban qu'un point serré. Un zigzag étroit convient pour un ruban fantaisie à bords irréguliers.
Pied
Le pied standard suffit souvent ; un pied à double entraînement aide pour le velours et les rubans glissants, un pied guide-bord pour piquer régulièrement près de la lisière.

Le choix fin des fils et des aiguilles selon les matières est détaillé dans notre guide. Un essai sur une chute du même tissu, avec le même ruban, permet de régler la tension avant de commencer.

Piquer : les deux lisières dans le même sens

  1. Piquer la première lisière à 1 ou 2 mm du bord, en laissant le ruban guider le pied.
  2. Revenir au point de départ et piquer la seconde lisière dans le même sens, et non en remontant. Deux piqûres de sens opposé entraînent le ruban dans deux directions et le font vriller en diagonale.
  3. Arrêter les fils en les passant sur l'envers et en les nouant, plutôt que par un point arrière qui se voit sur un satin.
  4. Repasser par l'envers, sur une serviette épaisse si le ruban est en relief ou en velours.

Pour un ruban large, au-delà de quatre ou cinq centimètres, une piqûre de maintien au centre, ou quelques points invisibles à la main, empêchent le ruban de bâiller.

Angles, courbes et extrémités

Tourner un angle. Pour encadrer un coussin ou une nappe, on forme un onglet : on plie le ruban sur lui-même à 45 degrés au niveau de l'angle, on repasse le pli, puis on pique la diagonale ou on la maintient par quelques points glissés. L'angle reste plat et net.

Suivre une courbe. Un ruban tissé droit ne suit pas une courbe : la lisière intérieure ondule. Le gros-grain fait exception dans une certaine mesure, car il se met en forme au fer vapeur, en étirant légèrement la lisière extérieure. Pour une encolure ou un arrondi prononcé, il faut un biais, coupé à 45 degrés du droit-fil, présenté dans notre article sur biais, galons et passepoils.

Finir les extrémités. Le plus propre est de les prendre dans une couture d'assemblage. Sinon, on replie l'extrémité de 1 cm sur l'envers avant de piquer, ou on la recouvre d'un nœud ou d'un bouton. Sur une boucle fermée, autour d'une jupe ou d'un chapeau, on fait chevaucher les deux bouts sur 1 cm, l'extrémité visible repliée, et on place la jonction sur un côté discret.

Le ruban de chapeau

Le ruban de chapeau est traditionnellement un gros-grain : il tient, se met en forme et ne glisse pas sur la paille ou le feutre. On le mesure autour de la base de la calotte en le tendant légèrement, on ajoute la valeur d'une jonction, puis on le met en forme au fer vapeur pour qu'il épouse la calotte, plus étroite en haut qu'en bas. Il se fixe à la main, par quelques points d'arrêt espacés pris dans la paille ou le feutre et cachés sous le ruban, jamais par une piqûre continue qui abîmerait le chapeau. La jonction, à l'arrière ou sur le côté gauche, se cache sous un nœud plat ou une cocarde. Le même principe vaut pour le ruban intérieur, dit de propreté, cousu à l'intérieur de la calotte.

Le ruban fronceur des rideaux

En tête de rideau, le ruban fronceur, ou galon fronceur, est un ruban technique traversé de cordons et de poches pour les crochets. On le pose sur l'envers, à un ou deux centimètres sous le bord replié, en libérant les cordons à chaque extrémité avant de piquer. On pique toutes les lignes indiquées dans le même sens, en évitant de prendre les cordons dans la couture. On noue les cordons d'un côté, on tire de l'autre pour obtenir la largeur voulue, et on répartit les fronces avant d'enrouler l'excédent de cordon sans le couper : on pourra défroncer le rideau pour le laver. Le rapport entre la largeur de tissu et la largeur finie dépend du modèle de ruban et figure sur son emballage.

Coudre à la main

Pour un velours, une soie ou un ouvrage ancien, la main reste préférable. Le point glissé, pris dans la lisière du ruban puis dans le tissu de fond, est invisible des deux côtés. On travaille avec un fil fin, une aiguille fine, en piquant tous les cinq millimètres environ. C'est plus long, mais le ruban ne porte aucune trace de griffe ni de pression.

Sources