Réparer ses vêtements : reprises, ourlets, boutons et accrocs pas à pas

Un bouton qui pend, une couture qui baille sous le bras, un ourlet décousu, un accroc au genou : la plupart des vêtements que l'on met de côté ne sont pas usés, ils attendent une petite réparation. Avec une aiguille, du fil et un peu de méthode, la plupart de ces réparations se font en une séance, souvent sans machine. Et quand le travail dépasse ce que l'on sait faire, un coup de pouce public existe pour confier ses vêtements à un professionnel.
L'ADEME, l'agence de la transition écologique, le résume dans ses conseils pour une mode plus durable : il faut raccommoder sans attendre, car un petit accroc est bien plus facile à réparer avant qu'il ne s'élargisse. C'est le premier principe de ce guide.
La trousse de réparation
- Des aiguilles à main de plusieurs grosseurs, dont une fine et une à grand chas.
- Du fil polyester dans les couleurs de base (noir, blanc, écru, gris, marine, beige), plus quelques fils de coton à repriser.
- Des épingles, un dé à coudre, de petits ciseaux pointus et un découd-vite.
- Un œuf ou un champignon à repriser, ou à défaut une ampoule usagée ou une balle, pour tendre le tricot.
- Quelques chutes de tissu, du biais, du ruban thermocollant et des pièces thermocollantes.
- Une boîte de boutons de récupération : on les garde quand on se sépare d'un vêtement.
Pour choisir le fil et l'aiguille adaptés au tissu, voyez notre guide pour choisir fils et aiguilles.
Recoudre un bouton
- Enfiler un fil doublé, d'une longueur raisonnable, et faire un nœud au bout.
- Repérer l'emplacement d'origine grâce aux trous laissés dans le tissu et piquer depuis l'envers.
- Placer une allumette ou une épingle sur le bouton : elle créera un peu de jeu, la « queue », qui laisse la place à l'épaisseur de la boutonnière.
- Passer le fil plusieurs fois dans les trous, retirer l'allumette, puis enrouler le fil quelques tours sous le bouton pour former la queue.
- Terminer sur l'envers par quelques petits points arrêtés.
Sur un manteau ou une veste épaisse, on ajoute sur l'envers un petit bouton plat, dit bouton de renfort, qui répartit la traction et protège le tissu.
Reprendre une couture défaite
Une couture qui s'ouvre (sous le bras, à l'entrejambe, sur le côté) se reprend sur l'envers. On épingle les deux bords dans l'alignement de l'ancienne couture, on commence un peu avant la partie ouverte et l'on termine un peu après, pour chevaucher les points encore solides. À la main, on utilise le point arrière, très solide : chaque point revient en arrière dans le trou du précédent. À la machine, un point droit suffit, avec un aller-retour au début et à la fin.
Sur un jersey ou un tissu extensible, on choisit un petit point zigzag à la machine ou, à la main, un point arrière un peu lâche, pour que la couture suive l'étirement sans casser.
Refaire un ourlet
Un ourlet décousu se refait au point invisible (ou point d'ourlet). On replie le bord en suivant l'ancien pli, on l'épingle, puis on prend alternativement un ou deux fils du vêtement et quelques millimètres dans le repli. Sur l'endroit, on ne doit voir que des points minuscules. Pour un pantalon, on vérifie la longueur avec les chaussures portées. Les rubans thermocollants pour ourlet dépannent, mais tiennent moins bien au lavage qu'un ourlet cousu.
Repriser un trou
La reprise reconstitue un tissu là où il a disparu. On tend la zone sur un œuf à repriser, on tisse d'abord des fils parallèles dans un sens, en débordant largement sur la partie saine, puis on passe des fils dans l'autre sens, en alternant dessus et dessous, comme sur un métier à tisser. Sur une chaussette ou un pull, on utilise un fil de laine ou de coton de même grosseur que le tricot.
La reprise peut rester discrète, avec un fil assorti, ou devenir décorative : la reprise visible, avec un fil contrasté, est revenue à la mode et transforme un défaut en ornement. Les points de broderie (point de tige, point de chaînette, petites fleurs au point lancé) permettent aussi de masquer un petit trou ou une tache. Nos articles sur la broderie au ruban et le point de croix donnent des idées.
Poser une pièce
Pour un trou plus grand, ou un genou de pantalon d'enfant usé, on pose une pièce. Elle peut être placée sur l'endroit, et devenir décorative, ou sur l'envers, avec les bords du trou repliés et cousus par-dessus. Les pièces thermocollantes sont rapides, mais on les complète par quelques points sur le pourtour pour qu'elles résistent aux lavages. Un ruban ou un galon cousu par-dessus un accroc rectiligne, sur un bas de jupe ou une manche, fait aussi une réparation élégante.
Changer une fermeture à glissière
C'est la réparation la plus technique de cette liste. Il faut découdre l'ancienne fermeture au découd-vite en notant comment elle était posée, choisir une fermeture de même longueur et de même type (séparable pour un blouson, non séparable pour une jupe ou un pantalon), l'épingler ou la bâtir, puis la piquer avec le pied spécial fermeture de la machine. Sur un pantalon de jean, avec ses épaisseurs, beaucoup préfèrent confier ce travail à un professionnel.
Confier la réparation : le bonus réparation
Depuis la mise en place du bonus réparation pour le textile, une réduction s'applique directement sur la facture quand on confie certains vêtements et chaussures à un réparateur agréé. Selon la page « La Mode plus durable » du site Épargnons nos ressources de l'ADEME, consultée le 27 octobre 2026, la réduction est par exemple de 7 € pour la réparation d'un trou, d'un accroc ou d'une déchirure, de 6 € pour une couture défaite non doublée et de 8 € si elle est doublée, de 8 € pour une petite fermeture à glissière et de 15 € pour une grande, de 10 € pour un changement de doublure simple et de 25 € pour une doublure complète. Les vêtements en cuir, en fourrure naturelle et les vêtements de sport à usage occasionnel en sont exclus. Les montants et les conditions pouvant évoluer, vérifiez-les sur le site avant de vous déplacer ; il indique aussi comment trouver un réparateur agréé.
Et quand le vêtement est vraiment fini
Un vêtement trop usé pour être porté a encore de la valeur. Avant de s'en séparer, on récupère boutons, fermetures et rubans, et l'on garde les parties saines du tissu pour des pièces, des sacs à vrac ou de l'emballage cadeau en tissu (voyez notre guide du furoshiki). Le reste se dépose, propre et sec, dans un point de collecte textile : l'ADEME rappelle que les vêtements et chaussures hors d'usage se déposent dans un point de collecte dédié, que l'on trouve grâce à son outil « Que faire de mes déchets ».
Pour ranger tout ce matériel de récupération, voyez nos conseils pour ranger rubans et mercerie.
Sources
- ADEME, site « Épargnons nos ressources », page « La Mode plus durable » (bonus réparation pour les vêtements et chaussures, conseils d'entretien), consultée le 27 octobre 2026.
- ADEME, site « Épargnons nos ressources », page « Le Bonus réparation », consultée le 27 octobre 2026.
- ADEME, « Que faire de mes objets et déchets ? », outil de recherche des points de collecte.
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