Couture & mercerie

Entretenir sa machine à coudre : nettoyage, huilage, réglages et seconde vie

Couture & mercerie · Publié le 2026-10-27

Ancienne machine à coudre noire à décor doré posée sur une table en bois
Une machine à coudre ancienne. Photo Clem Onojeghuo, CC0, via Wikimedia Commons.

Une machine à coudre bien entretenue peut servir des décennies : beaucoup de couturières cousent encore sur la machine de leur grand-mère. À l'inverse, une machine négligée finit par sauter des points, faire des nœuds sous le tissu ou se bloquer. La bonne nouvelle, c'est que l'essentiel de l'entretien se fait en quelques minutes, sans outil particulier.

Avant toute chose, un principe : la notice de votre machine prime. Les modèles diffèrent, notamment sur le huilage (certaines machines récentes ne doivent pas être huilées par l'utilisateur) et sur le démontage de la plaque à aiguille. Si vous n'avez plus la notice papier, elle est souvent disponible auprès du fabricant. Les conseils ci-dessous sont généraux.

La sécurité d'abord

Dépoussiérer : le geste le plus important

Le principal ennemi d'une machine à coudre, ce sont les peluches. Chaque point arrache de minuscules fibres au tissu et au fil, qui s'accumulent sous la plaque à aiguille, autour de la canette et entre les griffes d'entraînement. Avec le temps, ce feutre gêne la rotation du crochet, retient l'huile, absorbe l'humidité et dérègle la tension.

  1. Retirer la plaque à aiguille (en général une ou deux vis, ou un clip, selon le modèle).
  2. Sortir la canette et sa boîte, si elle est amovible.
  3. Brosser les griffes, le logement de la canette et le crochet avec un petit pinceau sec. Les machines sont souvent livrées avec une brosse adaptée.
  4. Retirer les peluches tassées avec une pince à épiler, sans gratter le métal.
  5. Passer un chiffon doux sur le dessus de la machine et le long du parcours du fil.

On évite de souffler dans la machine : l'haleine contient de l'humidité, et l'on ne fait que pousser les peluches plus loin dans le mécanisme. Les bombes d'air comprimé posent le même problème. Un petit aspirateur muni d'un embout fin est plus efficace.

À quelle fréquence ? Un coup de pinceau après chaque projet, et dès que l'on a cousu un tissu qui peluche beaucoup (polaire, molleton, tissu éponge, feutrine). Un nettoyage plus poussé quelques fois par an si l'on coud régulièrement.

Huiler, si la notice le prévoit

Les machines mécaniques, surtout anciennes, ont besoin d'une goutte d'huile aux points de friction. On utilise exclusivement de l'huile pour machine à coudre, très fluide et incolore, jamais de l'huile de cuisine ni un dégrippant, qui encrassent le mécanisme et tachent le tissu. La notice indique les points à huiler, souvent signalés par de petits trous ou par un repère.

Une goutte suffit à chaque point. On fait ensuite tourner la machine à vide quelques instants, puis on pique sur une chute de tissu pour absorber l'excédent avant de reprendre un ouvrage. Beaucoup de machines électroniques récentes sont lubrifiées en usine et ne doivent pas être huilées par l'utilisateur, sauf éventuellement au niveau du crochet : la notice le précise.

Changer l'aiguille régulièrement

Une aiguille s'émousse sans qu'on le voie. Les signes qui ne trompent pas : un bruit sourd à chaque point, des points sautés, des fils tirés dans le tissu, un fil qui casse. La recommandation habituelle est de changer d'aiguille après chaque gros projet, et immédiatement si elle a heurté une épingle. On l'insère toujours à fond, le côté plat du talon orienté comme l'indique la notice. Le choix de l'aiguille selon le tissu fait l'objet de notre guide pour choisir fils et aiguilles.

Régler la tension

Une couture équilibrée se reconnaît à ses points identiques sur l'endroit et sur l'envers, les deux fils se croisant au milieu de l'épaisseur du tissu.

Boucles sous le tissu
La tension du fil du dessus est trop faible, ou, bien plus souvent, la machine est mal enfilée : le fil n'est pas passé entre les disques de tension. Réenfiler entièrement, pied presseur levé.
Fil de canette visible dessus
La tension du fil du dessus est trop forte. La desserrer progressivement.
Fil du dessus visible dessous
La tension du fil du dessus est trop faible, ou la canette est mal insérée.

On ne touche à la vis de la boîte à canette qu'en dernier recours, et d'un quart de tour à la fois. Avant tout réglage, on vérifie l'enfilage, l'aiguille et la canette : dans la grande majorité des cas, le problème vient de là.

Ranger et transporter

Quand faire appel à un réparateur

Certaines pannes dépassent l'entretien courant : moteur qui chauffe ou sent le brûlé, machine qui se bloque malgré le nettoyage, aiguille qui heurte la plaque, crochet désynchronisé, carte électronique défaillante. Mieux vaut alors s'adresser à un réparateur que démonter soi-même le mécanisme.

Réparer coûte souvent moins cher, et pèse moins sur l'environnement, que racheter. Le site de l'ADEME « Que faire de mes objets et déchets ? » range la machine à coudre parmi le petit électroménager et propose une carte des réparateurs ; il indique que certains appareils de cette catégorie bénéficient du bonus réparation, une réduction appliquée directement par les réparateurs labellisés. Vérifiez sur le site si votre appareil et votre réparation y ouvrent droit.

Donner ou déposer une machine dont on ne se sert plus

Une machine qui fonctionne encore peut être donnée à une association, à une ressourcerie, à un atelier de couture solidaire ou à un proche qui débute. Une machine hors d'usage ne va pas à la poubelle : la même page de l'ADEME indique qu'on peut la remettre au vendeur ou la déposer dans un bac de collecte en magasin, ou la porter en déchèterie dans la benne réservée aux équipements électriques et électroniques. Elle sera alors démontée, dépolluée si nécessaire, et ses matériaux recyclés quand c'est possible.

Et pour prolonger aussi la vie de vos vêtements, voyez notre guide pour réparer ses vêtements soi-même.

Sources